Nouvelle orthographe : ce que changent vraiment les rectifications de 1990
Elle date de plus de trente ans, mais reste mal connue. Voici ce qu'elle change, et pourquoi les deux orthographes sont admises.

L'essentiel en 30 secondes- Les rectifications de 1990 sont des recommandations : l'ancienne orthographe reste correcte.
- Elles touchent surtout le trait d'union, l'accent circonflexe, le pluriel des mots composés et empruntés, et le tréma.
- Environ 2 400 mots sont concernés, soit une petite partie du vocabulaire.
« Nénufar », « ognon », « cout » : ces graphies circulent depuis les rectifications orthographiques de 1990, publiées au Journal officiel et approuvées par l'Académie française1. Elles ne remplacent pas l'ancienne orthographe : elles la complètent.
01Un statut de recommandation
Les rectifications ne sont pas obligatoires. Un texte écrit selon l'ancienne orthographe n'est pas fautif, pas plus qu'un texte écrit selon la nouvelle. Depuis les années 2010, les programmes scolaires les prennent comme référence, et les correcteurs orthographiques les acceptent.
Règle de bon sens : choisissez une orthographe et gardez-la tout au long d'un même texte.
02Le trait d'union et la soudure
- Nombres composés : tous les éléments sont reliés par des traits d'union. Deux-cent-trente-et-un.
- Mots composés soudés : portemonnaie, contrepoids, extraterrestre, weekend.
- Mots savants : autoécole, microondes, sans trait d'union.
Toutes les soudures ne sont pas systématiques : la liste de référence précise chaque mot concerné2.
03L'accent circonflexe et le tréma
L'accent circonflexe sur i et u devient facultatif : coût peut s'écrire cout, traîner peut s'écrire trainer. Il est maintenu dans les cas où il évite une confusion : dû, mûr, sûr, et dans les terminaisons du passé simple et du subjonctif (nous fûmes, qu'il fût).
Le tréma se déplace sur la lettre qui se prononce : ambiguë devient ambigüe, aiguë devient aigüe.
Ne confondez pas l'orthographe rectifiée et une faute : cout est une graphie admise, cûut n'existe pas.
04Pluriels, accents et participes
- Pluriel des mots empruntés : ils suivent la règle générale. Des maximums, des scénarios, des matchs.
- Pluriel des composés (verbe ou préposition + nom) : le nom prend la marque du pluriel. Des pèse-lettres, des gratte-ciels.
- Accents : événement devient évènement, je cèderai est confirmé.
- Participe passé de laisser suivi d'un infinitif : invariable. Elle s'est laissé mourir.
- Verbes en -eler et -eter : j'étiquète, il ruissèle.
Le correcteur intégré de la plupart des logiciels propose déjà les deux graphies. À vous de choisir celle qui convient à votre lectorat.
05Pourquoi ces rectifications ?
L'orthographe française accumule des incohérences historiques : on écrit je jette mais j'appelle, un chou-fleur mais un pare-chocs. Les rectifications visent à réduire ces irrégularités pour faciliter l'apprentissage, sans bouleverser la lecture. Elles ne réforment pas la grammaire et ne touchent ni à la conjugaison ni aux accords, à quelques cas près.
Elles ont été proposées par le Conseil supérieur de la langue française, rattaché à l'époque au Premier ministre, puis approuvées à l'unanimité par l'Académie française en 1990. L'Académie a précisé que les anciennes graphies restaient admises, ce qui explique la coexistence des deux orthographes dans les dictionnaires.
06Faut-il l'adopter dans ses écrits ?
Tout dépend du contexte. Dans un texte administratif ou juridique, l'orthographe traditionnelle reste la plus sûre. Dans un contenu web, un support pédagogique ou un texte destiné aux plus jeunes, la nouvelle orthographe est parfaitement acceptée.
- Pour un texte destiné à un large public : l'orthographe traditionnelle reste la plus attendue.
- Pour un site à vocation pédagogique : signalez votre choix pour éviter l'impression de faute.
- Pour un concours ou un examen : vérifiez les consignes, les deux orthographes sont acceptées.
Un lecteur qui ne connaît pas les rectifications peut prendre nénufar pour une coquille. La transparence prime : une note de rédaction suffit à lever le doute.
Les deux orthographes étant correctes, la cohérence compte plus que le choix : ne mélangez pas événement et évènement dans le même document.
07Questions fréquentes
L'Académie française a-t-elle adopté la nouvelle orthographe ?
L'Académie l'a approuvée en 1990 comme recommandation, tout en précisant que l'usage devait trancher. Elle n'est donc ni imposée ni interdite.
Quelle orthographe utiliser dans un texte professionnel ?
Les deux sont admises. L'ancienne reste la plus répandue, la nouvelle est de plus en plus courante dans l'enseignement.
- Les rectifications de l'orthographe, Journal officiel de la République française, 6 décembre 1990Institution
- La nouvelle orthographe, Conseil supérieur de la langue françaiseInstitution
- Rectifications orthographiques, Dictionnaire de l'Académie françaiseInstitution
Chaque affirmation s'appuie sur des sources citées en bas de page. Notre méthode
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